04.12.2007

L'Amoureuse

Quand nous nous séparerons, mon Amant, je crois que tu me devras un billet sans retour pour la ville à laquelle tous nos chemins nous menèrent.

Nous avions beau faire, tenter les déchirures, nous jeter au visage les mots sacrés les plus vulgaires de l'année, nous mêler dans des corps à corps si amers

Qu'après, tes étreintes au Royaume de mes trésors me paraissaient pire que du vinaigre
Brûlant ces tendres muqueuses que j'avais voilées de rêves, si jeune

Pour les laisser grandir en paix, encore enfant
Mais femme, maintenant
Mes chimères se sont évanouies
Pour suivre la cambrure de mes reins autrefois sous tes assauts

Envenimant nos querelles intestines
Nos trajets détournés pour se lancer à tue tête les pires imprécations
Peste, Choléra, Mortels incidents qui en nous défigurant
Nous auraient ôtés toute vile séduction

D'un autre,
D'une autre,

J'irais le dire à Rome, si un jour tu te décollais de moi, Mon ange
Pourtant vil, méchant à souhait
Quand blessé dans ta fierté de Roi tu voulais piétiner mon humanité à forces de vocables inclassables

Mais rien de tout cela ne me toucha, ni ne me blessa
Juste quelques fêlures
Car je ne naquis pas fragile mais
Fragilisée comme une porcelaine mille fois recollée par de petites mains
Je devins

J'irais le dire à Rome, Mon Amour
Si un jour advenait où je n'attendrais même pas le soleil étirant
Ses rayons rougeoyants
Je me séparerais de ton corps, de ton coeur empli de ce vide qui se nomme intime Solitude

J'irais le dire à Rome, oui, et j'y resterais
Pour ne plus jamais te quitter
A l'abri de cette si belle Sixtine
Où je te reconnaîtrais toi, autrefois au delà de mes espoirs, mon Dieu
Lorsque pour la première et dernière fois tu effleuras l'une de mes phalanges

Pour répandre à jamais en moi l'idée d'un amour dévastateur,
Absolue connaissance des corps

Mise à mort et Renaissance
Pour toujours
Dans la peau de cette femme que je suis et que par chez nous l'on surnomme
L'Amoureuse.

Anna S (KT)