15.07.2005

"oses tu vois mon ame en incandescence"

emily dickinson: l'un de mes maîtres, le génie à l'etat pur... 

 

 

"Je me dis : la Terre est brêve –
     L’Angoisse – absolue –
     Nombreux les meurtris,
     Et puis après ?

     Je me dis : on pourrait mourir –
     La Meilleure Vitalité
     Ne peut surpasser la Pourriture,
     Et puis après ?

     Je me dis qu’au Ciel, d’une façon
     Il y aura compensation –
     Don, d’une nouvelle équation –
     Et puis après ?
     (Cahier 20, N°301)


     J’essayais d’imaginer Solitude pire
     Qu’aucune jamais vue –
     Une Expiation Polaire – un Présage dans l’Os
     De l’atrocement proche Mort –

     Je fouillais l’Irrécupérable
     Pour emprunter – mon Double –
     Un Réconfort Éperdu sourd

     De l’idée que Quelque Part –
     À Portée de Pensée –
     Demeure une autre Créature
     De l’Amour Céleste – oubliée –

     Je grattais à notre Paroi
     Comme On doit scruter les Murs –
     Entre un Jumeau de l’Horreur –et Soi –
     Dans des Cellules Contiguës –

     Je parvins presque à étreindre sa Main,
     Ce devint – une telle Volupté –
     Que tout comme de Lui – j’avais pitié –
     Peut-être avait-il – pitié de moi –
     (Cahier 25, N°532)