26.02.2008
festival de Romans! à vos marques pour l'expression créative!

Voici donc la bannière du site du festival de Romans auquel je participe. Voter pour ce blog serait faire ma félicité, vous vous en doutez! mais lisez selon votre gré ce que j'ai écrit ici, n'hésitez pas à prendre plaisir à consulter les archives de ce blog, cliquez sur les thèmes qui vous plaisent, partez à la découverte de mes mots, et si cela vous agrée fort, alors n'hésitez pas à... voter pour moi!!
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18.04.2006
concours gagné... :) modestement...
Moi... Moi avec l'écrit précédent, "portrait de l'homme en chocolat", j'ai gagné le concours "humour et portraits", et dans la categorie portrait, j'ai remporté la meilleure note (syndrome de la bonne élève...). Cela dit, j'ai eu la meilleure note toutes catégories confondues (syndrome de l'ancienne excellente élève... arf arf... ne nous vantons pas inutilement mais continuons à travailler l'écriture).
le texte est proposé à un éditeur du coup... ma foi, moi qui suis extravertie, introvertie, et ne sort pas en ce moment, moi qui suis plutôt du genre (ÔOOOOO prétention, vile pulsion, laisse moi me cacher dans un tout petit coin de peur de me voir, telle que je suis dans le miroir) terrence malick, ou alors stan' dit the kubrick, à me terrer donc dans mon manoir que je n'ai pas...
enfin, je suis folle de joie, et aussi cela me redonne l'espoir de guérir, de laisser dame anorexia sur le pas de la porte.
je ne veux pas etre conue en tant que "la derniere anorexique boulimique avec ses vomissures" qui sortirait un énième bouquin sur un sujet à la mode dont tout le monde semble se prévaloir, et qui moi ronge ma vie, mon souffle, et me blesse comme une goutte chinoise que l'on me condamnerait à recevoir sur le front, à perpétuité, au delà de la mort, au delà de la rédemption.
Je ne suis pas qu'anorexique boulimique, je suis aussi en vie, j'aime, je lis, je suis passionnée, c'est évident, mais aussi rigoureuse dans mon amour des lettres. Je suis... en vie...
karenine tom asf
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30.03.2006
Portrait de l'homme en chocolat
Dans le miroir, je ne le vois plus. Aucun contour, aucune réplétion, éventuelle saillie de muscles. Pas de petits poils soyeux à la naissance du pubis. Pas de biceps qui tressaute, susceptible de faire enfler de désir mon intimité. La beauté idéale, qui outrepassait les canons des barons de la mode, quand je le rencontrai, s’enfuit avec la naissance de mon amour pour l’homme, quand je le connus. Autrefois, icône de papier glacé… grand, châtain, l’œil brun, le pas envoûtant, le cliché mat et inaccessible. Banalement beau. Classiquement superbe. Rien à signaler, à part une conformité absolue à la plastique qui s’imbrique parfaitement dans l’air du temps.
Dans la rue, son portrait lui collait au visage, comme une fatalité qu’il aurait eu à porter. Un terrible fardeau que toute femme, normalement constituée, voulait partager avec lui, sur le champ et pour la vie entière. Je ne fis pas exception.
Les jours et les mois qui suivirent sonnèrent le glas de sa magnificence physique qui s’évanouit devant la fragrance de ses odeurs, le rythme de son pouls quand il faisait l’amour, l’odeur chocolatée de sa tempe quand il s’éveillait au petit matin. Le mâle extérieur s’inclina devant l’homme intérieur, celui dont le temps ne peut outrager l’apparence. Alors, dans la glace embuée par les vapeurs du bain, ma bouche transperce aujourd’hui sa peau. Dans l’instant, ma langue goûte son identité. Son iris n’est plus sombre.
Non. C’est un homme qui a l'oeil bleuté, en amande, des sourcils qui s'élèvent pour caresser des tempes ourlées de cheveux noirs, épais, doux et soyeux, déferlant en des vagues aux reflets clair-obscur. C’est un velours profond qui s'accentue afin de plonger vers une nuque finement sculptée au coeur d'une peau ambrée... Ce sont des yeux qui scrutent, au plus lointain, des racines oubliées, asiatiques, s'obstinant peut-être jusqu'aux confins des steppes de l'Asie Centrale... Ce sont deux prunelles effilées, irradiant un soleil d'autres pays brûlant sous des déserts d'oasis glacées, baignées par une chaleur liquide...Ce sont des mains qui autrefois jouèrent d’habileté pour obtenir des comptoirs coloniaux, des cacaos rares, ors noirs, délicieux, objets de joutes enflammées. C’est une bouche affirmée, virile, ultime chute sensuelle et savoureuse d'un visage porté par la vie. Bouleversé par ses défis. Révolté et tout en désirs d'accession. A l'amour. Au pouvoir : chemins réunis au creux de ces reins, qui le poussent vers un avenir inondé de solitude salvatrice.
Fils de dieu, sous une peau éternellement dorée, son sourire énigmatique referme ces mémoires que je trace au fusain, comme un point d'interrogation permanent au jour qui vient après ceux que nous coulâmes ensemble. Enfin, son pas savamment négligé referme à présent une porte. Doucement, sans aucun bruit ni éclat de voix. Narcisse brouille ces eaux miroitantes, pour d’autres océans, à jamais limpides.
Karenine Tom
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