19.08.2009
"Colombus Day"
"La vie d'ici ne ressemble pas à celle de l'au-delà
Où l'on navigue la nuit
Arc' bouté sur deux rêves aux courroies jumelles
Ici ou maintenant n'ont tous deux jamais fait l'objet d'une invention
Comme si l'on devait croire les billevesées psychiatriques
A construire son destin,
A le façonner,
A aller contre vent
En fonction des marées
Cette existence présente
Une faculté à se dérouler selon un cours
Qui dévoile
Nos efforts impuissants
Froids, ternes et vains
Jettent sur nous l'opprobre au triste constat:
La vie était déjà écrite dans un livre de cinquante pages
Pas une de plus, pas une de moins,
Il a fallu que l'on se glisse
A l'intérieur
En hurlant à la manière des révoltés
Que, jeunes enfants, nous étions encore
Et elle nous allait comme un gant taille 4, cette vie...
Seulement, notre juvénile félicité nous cousit les yeux
Le coeur et les mains ensemble
Nous nous enfoncions dans ces chimères révolues
Comme ces châteaux de sable défaits par le ressac de l'océan...
Seulement, nous étions là, trempés au beau milieu des embruns
Qui jamais ne nous permit de regagner les rivages...
Ceux-là même que Christophe Colomb pensait avoir découverts comme stigmates d'un nouveau continent
Qui existait bien avant cette main avide
Frôlant cette terre encore inconnue
Bien après sa disparition
Bien après que tout ne soit redevenu
Eternel silence"
asfkt
22:47 Publié dans Ecrire | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
30.07.2009
H1N1 s'attaque à ma famille?
"Lorsque j'ai appris, entendu plutôt, émanant d'une lointaine télévision, que la grippe A allait toucher 100 % de la population, je me suis dit que tout de même, ça me paraissait beaucoup, mais que quand même, étant donné que ce virus est une pandémie, ça n'était pas trop peu, 100%... je me disais,: "toute la population? la France, quoi... mais non!!! le monde entier!!! la planète". Ah oui. Quand même. Mais je me disais, que lorsque H1 arriverait jusque mon corps, il serait affaibli, usé par tous les corps du monde entier chez lesquels il avait séjourné en traître, en toute malignité, bien sûr.
Et que bon... le temps qu'il arrive, eh bien il se passerait au moins trois mois. Et qu'en plus, oui, il toucherait tout le monde, mais pas de panique, moi il m'effleurerait du bout de ses vicieuses spores. Et que bien évidemment, il en irait de même pour ma famille. Je ne parle pas de leurs spores, au demeurant vertueuses, mais de l'attitude d'H1 à leur égard.
Or, cette après-midi, un coup de fil. Un mail. 1 h 30 au téléphone. Pas joignable, à ce train là. Et pas de message, une fois le combiné reposé sur son socle. Et c'était ma soeur. Par mail, j'apprends que la personne qu'elle aime est très malade, 40 degrés de température, comme ça, brutalement. La journée de travail passée quand même, mais une fois le casque de moto ôté, l'époux est très pâle, il a des courbatures, il n'a pas voulu rester ce matin, il avait juste quelques maux de tête. Rien de méchant.
Et la fièvre monte. Ca ne va pas du tout. Aucun médecin de libre. Ils ont pris le large avec les vacances. Et si c'est H1, alors toutes les vacances tombent à l'eau. Tout est payé, et ils en avaient tant besoin. Alors que faire? peut être n'est ce pas cela? Peut être que c'est un coup de froid? Alors on se rassure, tout en tapant discrètement sur le net, en catimini, "H1N1, symptômes, médicaments, prophylaxie, euh non, ça c'est trop tard, euh... ah bon? une belge morte et une française. Des complications. L'une la tuberculose, l'autre une double pneumonie... Finalement, on ne parlera pas de ces cas.
ET de toute façon, le médecin sos sera là dans... 4 heures... heureusement que c'est un médecin de type sos! Et que ma soeur n'habite pas à "berbamcoing-les-pouces-à-la-r'tourne".
Bon... Alors on raccroche. On réfléchit. Leurs vacances gâchées. Ma soeur qui va forcément l'avoir aussi. Or, ma soeur c'est un peu moi. Donc ça m'affecte. Et si j'allais là bas? pour l'attraper, hors de question. Tout de même. Cette grippe est partie du Mexique et a traversé je ne sais combien de pauvres gens, sans s'affaiblir, et arriver chez quelqu'un de ma famille.
Quel toupet. Quel malchance. Quelle saloperie... "
karenine tom
21:55 Publié dans Ecrire | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11.04.2009
"La vie selon le protanaxavit"
"La méthode est simple. Aussi visite notre site sans plus tarder. Mais votre publicité n'est pas très attrayante. Oui, nous le savons. C'est un fait exprès, c'est pour faire plus médical. Aussi avons-nous choisi comme couleur le vert-algue, comme l'ingrédient majeur du protanaxavit, et c'est un enrobage en plastique. Epais. Aussi, c'est pour tester ta force mentale. Nous ne faisons pas trop de propagande. Le protanaxavit se suffit à lui même. Aussi visite notre site. Et tu en sauras plus. Mais votre bidule dit qu'on va perdre du poids sans s'en rendre compte. Mais si je perds du poids alors que je dors tranquillement et que le protuc agit pendant mes rêves... comment je fais? Justement. C'est cela oui. Nous faisons en sorte que le protanaxavit t'évite tout effort. Tu perds tous ton poids sans avoir à remuer une fesse. C'est l'algue. C'est le principal atout. C'est pour ça. Tu verras, l'algue est dessinée avec tous ses détails. Aussi visite notre site. Sans plus tarder maintenant. Mais une algue, ca n'a pas de corps! pas de détails! Justement, ça n'en a pas. Tu as raison. C'était pour tester ta résistance et ta volonté de maigrir. Tu as gagné le droit de visiter sans plus tarder notre site. Lance toi. Mais si j'ai pas de kilos en trop? Tu en as. Toutes les femmes en ont. Même celles qui ne le savent pas. Ce sont les pires. Et même si ca ne se voit pas sur leurs cuisses ou aux abords de leurs fesses, c'est encore mieux. Les kilos c'est dans la tête. Et toutes les femmes sont à peu près persuadées qu'elles doivent perdre, de ci de là, pour être désirées. Et toi aussi. Donc visite notre site sans tarder. Clique. Dépêche toi parce que le temps que tu passes à hésiter est celui que tu gagnes en kilos. Mais si vraiment, je n'ai objectivement pas de kilos en trop, parce qu'à bien y regarder, je viens d'examiner mes chevilles et même là, j'ai pas trouvé d'embonpoint. Ce n'est pas grave. Le Protanaxavit dans ce cas qui est le tien, te permettra de perdre un os. Tu seras mieux, plus légère, différente des autres, car le protanaxavit dissout tout ce qui lui passe sous la dent. Mais une algue ça n'a pas de dent. Non. C'était pour tester ta motivation et ton esprit critique. Mais on a mis dans le protanaxavit un peu de concentré de testicule atrophié de requin. C'est pour ça. Ca dissout memes les cartilages. Donc tu perdras du poids. Mais je ne veux pas maigrir à ce point. Je ne veux pas finir ma vie à l'envers. Je veux garder mes os, mes formes, mes fesses, mon poids, mon ventre! Qu'est ce que c'est que votre bidule? Ca ne va pas ou quoi? Bien. Tu as réussi cette épreuve à la perfection. Aussi tu as gagné le droit de nous faire de la publicité même mauvaise, car grâce à toi, nous avons réussi à diffuser de fausses informations comme quoi notre algue pondue par les requins aurait des vertus dissolvantes. Merci. Et n'oublie pas de cliquer sur nos encarts et de dire à tes "amis" de le faire aussi..."
asfkt
21:37 Publié dans Ecrire | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
"C'est quoi l'histoire?"
« Ici, dans mes toilettes, il n’y a personne. Les yeux sont restés dans le tiroir de mon bureau. J’ai fermé à clef pour éviter que tes mots ne me sautent au visage. Les boucles de tes « e », les tourments de tes « s » parce qu’un serment d’amour, tu n’as jamais su faire. Il a toujours fallu que tu mettes ça au pluriel. Des « je t’aime » à n’en plus finir, à décompter comme les petits pois parmi les carottes sur le bord d’une assiette au déjeuner.
Ici, dans mon placard, il n’y a pas d’âme en vie. Les ombres m’accompagnent : ça m’aide bien. Notamment à m’aveugler sur mon sort et à oublier l’heure du dîner : l’heure où tu m’appelais, l’heure où tu venais, et dans les dix minutes, nous étions au lit. Au moins, tu ne fumais pas pendant ce temps. Il y avait tout à faire, tout à reconstruire, et tout le plaisir était pour toi et moi. Et moi, pendant ce temps, j’accumulais les raisons d’avoir faim, des bonnes pour une fois.
Ici, dans mon appartement, ça sent la solitude qui se construit doucement, comme un mur, d’une solidité impénétrable. Qui a dit que l’imputrescibilité ne concernait pas la fin des relations intimes ? Je ne sais pas, mais sûrement pas un amant, ou alors je ne me rappelle plus son odeur.
Ici, il commence à faire bon vivre, alors il est temps de se mettre à l’oeuvre. Quand il est trop agréable de vivre bien, on oublierait presque sa tâche, son éternel amour, l’Art, qui nous attend comme un vieil amant qui n’aurait de vieux que le temps qu’il a passé à nous attendre ; mais qui serait beau avec une manière d’éternité ; une cigarette à la main, les cheveux poivre et sel dans les yeux, barrant le regard et l’arrêtant sur nous, sur moi, parce que l’horizon, sans moi, c’est vain, moins bleu, moins beau, moins infini. « Ca ne donne même plus envie qu’il y ait d’océan en dessous » dis tu… Tu as raison. Moi qui ne voulais pas attendre la fin de mon histoire, et toi qui voulais que je reste encore un peu, juste pour voir, pour écrire, on ne sait jamais, si l’envie te reprenait disais tu… L’envie m’a reprise. Alors je suis revenue. Voila l’histoire… »
ASFKT
20:05 Publié dans Ecrire | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.03.2009
"Des canines enfantines"
Mais il est beau. Il ne présente pas ses petites canines acérées à la première venue. Et vous, vous le trouvez magnifique, quoiqu’il fasse, qu’il dise, ou agisse, même en dépit du bon sens.
On ne peut pas ne plus aimer quelqu’un si vraiment on aime cet autre que soi. Je me souviens que mon ami me reprochait en riant d’être un cœur d’artichaut, et de tomber amoureuse du premier sourire venu. Alors qu’à travers les mille sourires que je croisais, qui sous le feu des rampes à danser, qui sous le soleil des cinq derniers étés, qui sous la pluie réveillant l’ombre d’un espoir, je ne cherchais que la blancheur du sien, l’épaisseur de ses lèvres roses et sensuelles, et la tendresse de ses baisers dont je recherche encore la trace sur mes lèvres, sèches à présent, et closes par la colère.
Il ne se doutait pas que parmi toutes ces mâchoires d’hommes qui pouvaient m’attirer, pas une n’avait le tracé carré de la sienne, ni ne laissait supposer l’odeur ambrée de ces joues tendres vers le cou. Il ne pensait pas que seule, la ressemblance, même infime, jusqu’à un très lointain air de famille que mon imagination recréait, je ne cherchais que lui quand il n’était pas là. Et faute de trouver, je restais à l’attendre et tombais dans le désespoir.
Je demandais trop, et je voulais toute sa présence, à mes côtés parce qu’il fallait qu’il comprenne cet homme là : j’étais tombée ! Je m’étais fait mal et j’en étais ravie !
En effet, il ne s’agissait pas de genoux écorchés, encore moins de coups portés à la hanche, mais de l’Amour, qui m’avait obligée à m’arrêter près de lui. Et à ne plus vouloir que lui, pour maintenant, demain, et tous les autres jours.
Et dès qu’il s’en allait, j’étais comme une enfant morte. Pourquoi ne pouvais-je pas sortir avec lui ? Pourquoi est ce que moi je devais rester chez moi, tandis que lui avait sa vie tout de même ?
Moi je trouvais qu’on était bien ainsi, et de toute façon, quand je manifestais le fait que je me sentais seule, n’osant avouer « seule sans toi ! », mon ami partait quand même. Et moi je ne savais pas sortir seule, je ne trouvais pas que cela se fît de ne pas être avec son amour au dehors.
Je pensais qu’il devinait mes pensées, je pensais qu’il savait à quel point l’amour pour lui avait pris la première place dans ma vie. A chaque minute, à chaque seconde, je n’étais plus moi, j’étais lui. C’en était un scandale.
Mon ami me demandait de l’aimer moins alors. Et le plus souvent, je me reproche de l’avoir trop ceci, trop cela… n’est ce pas bête ? Autant dire que je ne sais pas aimer dans la mesure, autant me dire et c’est ce que je me dis que je ne sais pas aimer tout court.
La plupart du temps, quand je ne saisis plus le sens de la vie, et de ce soleil qui me coule sur les épaules tel un vivant parmi les morts, je m’adresse tous les reproches du monde, je suis celle qui n’a pas su écouter ce qu’il voulait me dire, ou ce qu’il aurait fallu que j’entende et je suis celle qui a trop exigé, trop demandé sans rien attendre en retour, je ne l’ai pas laissé me donner quoi que ce soit parce que je ne sais pas recevoir.
Je ne sais que donner, je ne suis qu’une handicapée de la réception. Il ne faut pas sonner à ma porte pour m’inviter à m’aimer parce que je ne saurais pas quoi dire.
Alors je reste là, seule avec mon amour, et mes cheveux pour cacher ma détresse qui tue mes espoirs. »
asfkt
18:17 Publié dans Ecrire | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05.03.2009
"L'amour du pauvre garçon"
Que l’amour peut il bien être lorsqu’il provient d’une source faible, j'ai nommé, pour plus de clarté: le pauvre garçon ? un pauvre garçon n’est pas un garçon pauvre, et le fait qu’il soit désargenté ou pas, opulent ou sur la paille, riche comme Crésus, ou fauché comme les blés qu’il ne ramassera jamais, n’a aucune espèce d’importance pour la femme attendrie par "le pauvre garçon".
Le pauvre garçon, pauvret, ou encore imbécile malheureux, n’est pas seulement un être attendrissant pour celles qui veulent racheter à tout prix la condition de celui qui se satisfait crânement non pas de son ignorance, mais de sa persistance à croire qu’il sait, qu’il est sur la bonne voie, et que même s’il dit qu’il va changer, il s’avère que rien ne peut transformer sa nature. Précisons : sa nature d’être crâne, superstitieuse, ridiculement prétentieuse, et qui ne peut que perdurer en l’état.
Le pauvre garçon a subséquemment un destin plus triste que celui des plus grands criminels : il sabote sa vie parce qu’il ne sait pas la vivre, et vous qui pensiez qu’avec votre pieuse vertu et toutes vos bonnes qualités, il ne vous tondrait pas la laine sur le dos, vous voila fort marrie… son destin est morne, voué à l’échec et sans aucune possibilité, sauf miracle, de rémission. Donc pas de possibilité du tout, finalement.
Pourquoi ces lendemains sans fête pour le pauvre type?
Parce qu'il s’agit là d’un encéphalogramme plat et même si vous vous révoltez, essayez de tout faire changer, vous voilà dans de beaux draps… l’autre a autant de chance de faire preuve de courage et d’honneur qu’une tique en a de ne pas se laisser tomber sur le premier passant à chair fraîche et odorante venu…
Vous voulez aimer quoiqu’il arrive, vous sacrifier et sublimer l’amour jusqu’à son zénith ? Alors renoncez sur le champ à tomber sur quelqu’un de normalement constitué, car vous vous préparez gentiment à transcender l’humaine condition avec le prototype du type à qui tout manque, et qui va donc tout vous demander, y compris d’accepter l’inacceptable, ce que vous ferez à force d’excuses, de promesses dont vous savez qu’elles ne seront jamais tenues, de déceptions, et finalement d’usure du temps, et de désamour, surtout de soi.
En effet, vivre une relation amoureuse avec un genre pareil vous rend myope, bientôt aveugle, sourde, et à la fin, insensible : non seulement vous ne sentirez plus vos douleurs infligées par cet être précieux et égoïste qui a pris soin de prendre place sur le piédestal que vous lui époussetez tous les jours où il ne fait que vous mentir, bassement et sagement et sans rechigner s’il vous plaît, mais aussi vous avez laisser passer de belles occasions de vous livrer entièrement à un autre, aimable, attentionné, gentil, intelligent et cultivé.
D'ailleurs, même avec un signal lumineux sur le front, vous ne le voyez pas et vous n’en voulez même pas. Vous, vous voulez le mauvais, celui qui part de zéro; il y a toute la plomberie du cerveau à refaire, vous voulez l’aider, lui montrer que la vie est pleine de belles choses à apprendre, et cet amour là que vous lui offrez, plus il se comporte en triste individu, plus vous l’aimez, parce que vous ne voulez pas vous avouer que ce cas là est pathologique, qu’un homme abreuvé au mauvais tuteur ne peut pas être bon, jamais, parce qu’il ne peut être que ce qu’il est.
Alors ? alors au bout d’un moment, vous obéissez à cette lente destruction de vous-même, et à ce lent avilissement et vous acceptez d’être mal-aimée, et en plus de ne rien dire, de tenir dans la relation comme un fier petit soldat qui va se faire massacrer.
De temps en temps, vous tentez de sursauter encore, de trouver des marques d’amour bienveillant et bien distribué dans ce que l’autre vous donne parfois, et qu'il vous rappelle régulièrement comme s'il s'agissait là d'un pont d'or qu'il vous avez fait...de lui, dans l’amour, il ne donne que le mirage, donne le change, illusionne, paraît, agit par mimétisme, puis un jour vous surprenez au cœur même de l’acte d’amour que vous êtes en train de perpétuer avec lui, un regard étrangement vide, éteint, sans sentiments, froid et sans amour aucun dans ces yeux là à côté des vôtres qui jusqu'alors étaient au paradis.
Le pire est qu’à cet instant là, alors que vous devriez faire deux choses: vous jeter hors du lit et le jeter lui, hors de vous, et fin de la scène sensuelle, vous croyez que vous avez mal vu. Il est impossible de surprendre un tel regard, complètement vide! Pas à un moment pareil!
Mais si. Ca n’est pas possible. C’est devenu réel. Il n’y a pas d’amour chez cet être là avec qui vous êtes, et on se demande même ce que vous faites encore là, ca vous fait froid dans le dos…
Et un jour, une fois que le voile d’illusions est tombé, vous partez. Et renoncez. Ce qui veut dire pour vous accepter. Que l’autre n’est pas fait pour vous, et que vous n’êtes absolument pas faite pour lui, enfin vous prenez conscience de votre valeur, il serait peut être temps ! Et de vous demander pourquoi vous l’avez laissé tant de fois revenir, et tant de fois écouter ses minables petites histoires.
Vous vous demandez et savez désormais la réponse qui est pour vous depuis un certain temps la confirmation d’un doute: l’amour est autre chose que la réduction en esclavage, c’est même son contraire, et pour vivre maintenant l’amour, le vrai, celui qui vous respecte, vous vous demandez, pleine de douleurs, de bleus de cette relation passée ce qui a bien pu vous passer par la tête et le corps… »
asfkt
21:07 Publié dans Ecrire | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02.03.2009
"EN CAPITALES"
"Tous les textes ici présents sont désormais déposés et visés comme la création exclusive d'Anne Sophie Fuertès, nom d'auteur Karenine Tom."
20:57 Publié dans Ecrire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28.02.2009
"Je ne mérite pas mieux que ton amour"
Il y avait une jeune femme merveilleuse de beauté : la taille élancée, ses cheveux étaient le geai que qui peuple les contes, et sa voix, puissante, douce et sensuelle portait jusque dans les pays reculés du Monde. Portés courts ou longs, ses mèches ravissaient son adorable visage, ponctué par un petit nez, virgule riante au dessus d’une bouche dessinée par la main d’un maître peintre.
Sa carrière était lancée, et nous l’avions découverte grâce à des titres où elle dansait tour à tour sous la pluie, munie d’un parapluie toute de court vêtue, ses jambes n’en finissant plus de la porter au-delà des intempéries, et des regards des hommes de la rue auprès desquels elle jouait la belle indifférente.
Il y eut ce titre où elle disait tirer sa révérence à un homme qui lui en avait fait voir, entre toutes les couleurs, surtout du noir, et elle lui chantait qu’elle n’était pas dupe et que s’il restait derrière sa porte d’entrée à attendre qu’elle lui ouvre en pleurant des larmes sauriennes, c’était juste parce qu’il avait froid.
« I take my Bow » lui disait elle, finissant par lui demander de venir retirer ses affaires de sa modeste villa, où elle l’attendait en robe qui aurait fait devenir diable un ange même revenu de sa déchéance, tant sa peau métissée habillait la robe, au lieu que ce fût le contraire. Elle achevait la chanson en faisant un auto da fé des vêtements du beau parleur qui l’avait trompée comprenait-on, et celui-ci de se lamenter la tête entre les mains, la laissant partir, fière, sans oublier le regard de dégout clôturant le clip vidéo, qui montrait qu’un tel homme ne pouvait inspirer que mépris et nausées, et n’était que ce qu’on appelle aujourd’hui, en nos termes américanisés, un « looser », un petit joueur, enfin… quelqu’un de pathétique… qui ne méritait pas une femme fidèle, belle et dévouée.
Tout cela, et cette fin magique, faisaient s’identifier à la décision de la femme, belle et perspicace, nous autres, filles, agrafées à nos mécréants, nos menteurs, nos « pas-à-la-hauteur », nos "suppliant-de-les-reprendr
Et de se dire qu’une telle femme voyait clair dans le jeu des voleurs de cet amour bienveillant, et que nous, nous allions nous endormir , méthode Coué mélodique, le mp3 rivé sur les oreilles pour nous persuader de ne plus nous laisser faire, et enfin après avoir ouvert la porte à notre aimant dans tous les sens du terme, la lui fermer par la suite. Définitivement.
Nous, en plus, avions tout de même le bonheur de ne pas avoir été trompée, juste ignorée dans notre entièreté, juste dévalorisée à notre propre regard, juste mystifiée à plusieurs reprises. Nous avions seulement l’estime de soi basse, la confiance en soi à zéro et le regard baissé pour éviter quiconque nous aurait regardé tant nous avions honte de nous-mêmes, tant sans l’autre à qui nous donnions et devions tout, pensait-on, et qui nous le rendait en mensonges pathologiques... à nous qui sans lui, ne pensions être qu’une moitié de femme.
Et à quiconque nous aurait dit de le quitter, cet homme là, nous aurions répondu avec empressement: « oui, bien sûr …» mais nous aurions pensé « non sûrement pas… jamais… sans lui je meurs… sans lui, que reste t il de moi ? », car nous l’aimions tant que nous nous en oubliions nous-mêmes.
Nous ? nous dont nous faisions si peu de cas ? pourquoi en aurions nous parler ? il ne s’agissait que de l’autre, qui nous en voulait puisqu’il nous traitait en seconde main, oui forcément! nous n’étions pas aimables au point de mériter de recevoir de l’amour, nous n’étions là que pour l’aider, le servir, le comprendre, et ne pas exiger. Qu’il nous comprenne, qu’il nous parle, qu’il nous encourage à nous découvrir, et non pas à ce qu’il nous dise : « tu m’aimes trop ». Car, comment ne pas aimer trop, quelqu’un qui vous tire sur la substantifique moelle, quelqu’un qui est coupé de ses affects, quelqu’un qui aspire votre affection et s’en va dès qu’il a pris la dose nécessaire à sa vitalité ?
Puis, un jour vous vous découvrez dans le rôle inaliénable, croyiez vous, en tous cas jusqu’alors inchangé, de celle qui donne, tout, toujours, à n’importe quelle heure, même si travail, tempête, problèmes personnels devraient vous en empêcher. Car à celle qui aime, rien n’est impossible, et à cet impossible là, si nulle n’est tenue, elle, y est entièrement dévouée, en vertu d'une dictature sacrificielle.
Et l’autre, lui ? il en est certes gêné, avoue que lui n’aurait pas fait ça pour elle, car l’autre est de l’espèce opposée : il prend, toujours, et surtout quand l’occasion se présente. A l’impossible, il n’est jamais tenu, et cet impossible là, surtout pour une autre que lui, ne le concerne surtout pas.
Voici nos deux protagonistes dans deux rôles qui jamais ne les réunira, mais les attachera : une qui donne, l’autre qui prend. Une qui se sacrifie, l’autre qui met le feu au bûcher. Et qui la sauve au dernier moment, pour qu’elle puisse reprendre son rôle généreux, altruiste, dévoué, et lui de s’asseoir confortablement dans le fauteuil attentiste de celui qui n’en peut plus de ne plus recevoir sans rien donner. Et donner il ne le peut pas: il est vide. Qui pourrait lui en vouloir, si ce n'est le sort? ou la malchance?
Dans l'esprit de celle qui veut dénuder ses fils qui l'attachent et la font souffrir subsiste un espoir, mince:
« Attache-moi. Nos liens sont des chaînes car le temps passé à deux a forgé nos fers. Attache moi afin que je ne te quitte jamais. Je reste là, figée dans cet amour, parce qu’un jour tu me montreras que je vaux la peine que tu m’aimes, que tu me traites bien, que tu vas agir pour mon bien. Un jour tu me montreras que je mérite mieux que ton amour : ton respect, ton estime et ta fierté. » Voilà ce que pense la femme aux prises avec ce genre d’attachement au milieu de cet imbroglio dans lequel elle se débat.
Parfois, elle se répète les paroles de la chanson de la belle de la Barbade. Un jour elle aussi tirera sa révérence. Pour de bon.
Mais, quelques mois après, elle découvre que la belle métissée est attachée à un homme qui la bat, l’ayant laissée dans un drôle d’état toute cabossée au contraire de sa Lamborghini, dans le caniveau. Et elle prédit qu’elle se sentira coupable malgré les coups portés au visage, et qu’elle s’en voudra d’avoir fait une crise de jalousie, et qu’elle retournera avec celui que les journaux vilipendent, et dont ils prédisent l’achèvement précoce de la carrière.
Et de fait, la star pardonne à la star, et pour celle qui écrit ses lignes, ce n’est pas du show buisness, ce n’est pas « à n’y rien comprendre », ce n’est pas « parce que ce sont des stars », ce n’est pas parce que la belle de la Barbade aime les coups et et la maltraitance, ce n’est parce que c’est un couple sado masochiste (n’importe quel psychologue sait l’ineptie d’un tel rapprochement, le sadisme n’étant pas l’opposée complémentaire du masochisme, puisque le premier ignore la Loi, alors que l’autre se place sur le terrain de la Loi, prenant plaisir à la transgresser), c’est juste un couple maladivement attaché.
Et pour celle qui relate, qui conte et qui n’a pas vécu de violences dans sa relation, juste une cassure psychologique et son cortège de blessures et autres brimades affectives… tout cela est clair : même si l’on disait à madame Barbade de s’éloigner de son affreux amant, pour son bien, pour le bien d’autres hommes, qu’elle est belle, qu’elle a tout pour elle, elle se mettrait en colère et défendrait celui qui l’a roué de coups.
Il n’existe pas de problème dans ce couple de chanteurs, il n’y a qu’un enjeu : la lutte pour la reconnaissance dont l’une des deux parties a tant manqué quand elle était enfant.
« Aime-moi, moi qui ne mérite que toi. Prouve moi que j’existe, prouve moi que toi qui ne vaut pas grand-chose peut ne pas être seulement pathologiquement attaché à moi, mais simplement… M’AIMER ».
ASFKT
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29.01.2009
"Belle âme: définition"
"Belle âme: épis qui se distingue de la frange aux rangs égalisés en échappant toujours à la lame aseptisée.
Celle-ci le courtise, en vain; alors le plie, le tord, l'arrache même et surtout s'il veut l'épouser. Même parmi les morts, l'épi pousse encore, toujours; garde, malgré l'acier, sa jolie couleur miel, et ses cheveux hérissés tout au bout de ce corps mince qui se balance au gré du vent, ont toujours un aspect rieur, naif, innocent, et confiant.
Une âme belle naît avec un devoir insensé: celui de se fier aux autres. Elle refuse de croire qu'il n'y aurait qu'elle comme âme soufflée à la main comme ces verres d'autrefois, aux alentours.
Toutefois, seule, sa beauté ne sert à rien.
Désolée, elle ne peut comprendre, s'affole de voir que d'autres âmes existent mais parfois, torves, rompues aux bassesses, ou alors souffrantes de maux aux vices cachés, ne peuvent pas ou ne veulent pas l'accompagner.
Trop de blessures finissent alors par couper les racines profondes qu'elle avait plantées dans le coeur d'un homme. Il est trop douloureux que d'aimer des âmes dissonantes ou disemblables. La belle âme essaie, aime à jamais, s'en fait une règle, une obligation; et aime finalement envers et contre tout, principalement envers et contre son propre bien.
Quand elle aperçoit ce si triste reflet dans le miroir, elle finit alors par renoncer.
Epuisée de toutes ses qualités, elle ressort de ce qu'elle croyait qu'on lui portait comme amour, comme d'un combat, à peine victorieuse, mais encore assez robuste et sauve pour entrer en Littérature".
asfkt
22:59 Publié dans Ecrire | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22.12.2008
"Des cadences"
04/12/2008
"Parce qu'en silence
La vie s'avance
Quand on se trompe en y nageant
A contre-courant
Que l'on se ment
En y mêlant
Ses espoirs avec l'âge diminuant
Comme le soleil vient après l'aube
Au couchant
Et éveille les désirs dynosiaques des hommes
Dominant des montures changeantes
Au gré du temps
Dos arqués, croupes arrondies, "Naissances du Monde"
Ou bien toisons découpées par un Art Contemporain aseptisé
Au bon souvenir de Courbet
Ouvertures moins dodues que celles d'antan
Mais toujours où l'un et l'autre ne feront qu'un
Au rythme d'une cadence effrénée
En deux temps
Toujours distincts
Toujours uniformes
Toujours au diapason de ce que nous appelons
"Nos inconciliables différences"".
ASFKT
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