30.07.2009
H1N1 s'attaque à ma famille?
"Lorsque j'ai appris, entendu plutôt, émanant d'une lointaine télévision, que la grippe A allait toucher 100 % de la population, je me suis dit que tout de même, ça me paraissait beaucoup, mais que quand même, étant donné que ce virus est une pandémie, ça n'était pas trop peu, 100%... je me disais,: "toute la population? la France, quoi... mais non!!! le monde entier!!! la planète". Ah oui. Quand même. Mais je me disais, que lorsque H1 arriverait jusque mon corps, il serait affaibli, usé par tous les corps du monde entier chez lesquels il avait séjourné en traître, en toute malignité, bien sûr.
Et que bon... le temps qu'il arrive, eh bien il se passerait au moins trois mois. Et qu'en plus, oui, il toucherait tout le monde, mais pas de panique, moi il m'effleurerait du bout de ses vicieuses spores. Et que bien évidemment, il en irait de même pour ma famille. Je ne parle pas de leurs spores, au demeurant vertueuses, mais de l'attitude d'H1 à leur égard.
Or, cette après-midi, un coup de fil. Un mail. 1 h 30 au téléphone. Pas joignable, à ce train là. Et pas de message, une fois le combiné reposé sur son socle. Et c'était ma soeur. Par mail, j'apprends que la personne qu'elle aime est très malade, 40 degrés de température, comme ça, brutalement. La journée de travail passée quand même, mais une fois le casque de moto ôté, l'époux est très pâle, il a des courbatures, il n'a pas voulu rester ce matin, il avait juste quelques maux de tête. Rien de méchant.
Et la fièvre monte. Ca ne va pas du tout. Aucun médecin de libre. Ils ont pris le large avec les vacances. Et si c'est H1, alors toutes les vacances tombent à l'eau. Tout est payé, et ils en avaient tant besoin. Alors que faire? peut être n'est ce pas cela? Peut être que c'est un coup de froid? Alors on se rassure, tout en tapant discrètement sur le net, en catimini, "H1N1, symptômes, médicaments, prophylaxie, euh non, ça c'est trop tard, euh... ah bon? une belge morte et une française. Des complications. L'une la tuberculose, l'autre une double pneumonie... Finalement, on ne parlera pas de ces cas.
ET de toute façon, le médecin sos sera là dans... 4 heures... heureusement que c'est un médecin de type sos! Et que ma soeur n'habite pas à "berbamcoing-les-pouces-à-la-r'tourne".
Bon... Alors on raccroche. On réfléchit. Leurs vacances gâchées. Ma soeur qui va forcément l'avoir aussi. Or, ma soeur c'est un peu moi. Donc ça m'affecte. Et si j'allais là bas? pour l'attraper, hors de question. Tout de même. Cette grippe est partie du Mexique et a traversé je ne sais combien de pauvres gens, sans s'affaiblir, et arriver chez quelqu'un de ma famille.
Quel toupet. Quel malchance. Quelle saloperie... "
karenine tom
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18.07.2009
"Le désespoir orchestre la mort"
Quand on est adulé, puis terni, puis méprisé, mis à part quelques fanatiques qui auraient su nous aimer, nous saisir dans notre être profond, au travers de l’art que l’on maîtrise, ou bien qui nous aimerait aveuglément, l’on risque de ne plus pouvoir rétablir la vérité. Il semble que tout a déjà été dit, répété, prophéties, mensonges, affabulations, et l’on a oublié que l’être adulé était avant tout un homme artiste, l’un ne pouvant plus jamais se séparer de l’autre, les limites de l’un se confondant avec les extrémités les plus lointaines, pour le commun des mortels.
Il se peut que la démesure de l’adulation, le dévouement, l’adoration vouées à Michael Jackson, depuis Thriller, par la planète entière, était l’exacte mesure de la démesure qui le caractérisa toute sa vie.
Il se peut que si l’on s’était contenté de s’interroger sur "l’anatomie de son art" comme il le disait lui même, au lieu de le questionner de manière vulgaire et odieuse sur son anatomie à lui, il aurait vécu une vie plus agréable, plus sereine, et enfin, une intimité que les médias lui auront toujours refusée, extorquée, volée et finalement définitivement supprimée depuis son plus jeune âge.
Dès 1993, les deux procès retentissants concernant Michael Jackson, l’auront considérablement affaibli, tourmenté, sali et emmené lentement vers le désespoir. Le pire est que ces procès, comme le dit Ian Halperin (Unmasked: the final years of Michael Jackson) , nous aurons privé de ce que Michael aurait pu produire au grand jour: sa musique elle même, qui aurait pu prendre un tour encore plus créatif, inattendu si Michael n’avait pas été cloué au pilori et voué aux gémonies.
Je ne sais pas ce qui a tué Michael Jackson, mais je sais que beaucoup de choses, toutes plus erronées les unes que les autres seront écrites, vendues, dans le seul et unique but de faire du profit, même après sa mort. Cette histoire est pratiquement devenue l'histoire personnelle de tous ceux qui ont un tant soit peu écouté une chanson de Michael. La tristesse est si grande qu'elle prend alors les allures d'une tragédie universelle. En effet, sa vie était devenue l'affaire de tous; par voie de conséquence, sa mort est devenue l'histoire de tout un chacun, entraînant la honte, le remords chez ceux et celles qui le crurent coupable des infamies dont on l'accusait, jusqu'à celles et ceux qui ne prêtèrent jamais foi à ces propos diffamatoires basés sur des tentatives d'extorsion de fonds d'une riche célébrité.
Je faisais, hélas, partie des premiers, croyant la déferlante médiatique alors que depuis mon adolescence, je connaissais un engouement, voire je vouais et voue toujours un culte à la musique de Michael. Cette issue dramatique a eu pour effet positif d'éloigner définitivement, depuis peu, mes achats du dimanche de la presse à scandale que je me targuais de lire, au contresens même de l'intellectuelle que je suis, et de cette paperasserie-ci, il n'y en aura plus chez moi, même pas dans mes lieux d'aisance, parce qu'elle ne mérite pas l'à côté du siège où l'on se pose pour se délester.
Il est possible que Michael ait décidé de partir, si tant est que l’on puisse décider d’un tel départ, si tant est que l’on puisse préférer la disparition définitive, l’extinction du feu intérieur à la vie sur cette terre, et ceux qui vous regardent mourir réalisent alors à quel point cette existence doit être devenue insupportable… Mais ceux qui vous regardent dépérir peuvent aussi détourner le regard. Et je me demande si cette perspective ne vous précipite pas vers la mort. Quand la perspective de subir un affront mondial, parce que l'on ne sera plus que l'ombre d'un pauvre soi souffrant, pour n'importe quel artiste, plutôt que de risquer de décevoir le public, et d'avoir l'impression de le trahir, si profondément dans son âme, le néant n'est il pas avec toute l'horreur qu'il implique la voie funeste qui s'avance comme la seule issue possible?
Je pose la question autrement, sans quoi l'on pourrait m'accuser de défendre non seulement la théorie, mais le suicide lui même: peut on imaginer qu'une âme nourrisse tant d'amour pour ceux qui lui vouent une adoration sans bornes que mieux vaut la mort que l'humiliation de les décevoir même un court instant? L'artiste est celui qui aime l'humanité jusqu'au sacrifice de sa propre vie. Il aime ceux qui l'aiment, qui lui font cet honneur, plus que lui même, comme l'ami qui pense au bien de l'autre avant que de penser à son bien propre.
Il faut aussi alors entendre le désespoir comme l’unique maître d’œuvre d’une telle orchestration. Si la mort n’arrive pas, mais si elle est l’issue certaine d’un état de santé qui se dégrade à la vitesse de la lumière qui fait battre votre coeur, alors pourquoi ne pas en finir plutôt que d’attendre que la mort ne passe vous chercher et n'humilie l'artiste sur scène ?
La disparition d’un musicien de l’envergure de Michael Jackson plonge le monde dans le désarroi le plus total, parce que son art était si maîtrisé, il en avait une vision et une représentation si profonde qu’il était parvenu très tôt à faire rêver la planète, à lui donner autre chose que le quotidien sordide auquel l’humanité entière est confrontée.
Or, la vie de Michael n’a jamais peut être été qu’une immense prison, du début, roué de coups par son père, jusqu’à la fin, emprisonné par la cupidité d’un entourage, du plus ordinaire de son personnel de maison, jusqu’à de très puissantes organisations sectaires ou/et dangereuses (à ce sujet, voir le livre sus cité de Ian Halperin).
Il était finalement un enfant dans un corps d’adulte, maltraité jusqu’au bout, mais dont l’âme s’échappait grâce à la musique qu’il créait.
C’était sûrement sa seule résistance, la seule île que personne autour de lui ne pouvait lui voler, ainsi que les arts en général, notamment le dessin et peut être l’écriture.
Personne ne peut soupçonner les souffrances d’autrui s’il ne les a pas vécues lui même, et personne ne peut comprendre ce que c’est que d’avoir été privé d’enfance et en plus d’être doué d’un don si puissant que celui ci ajoute une sensibilité accrue au monde, à ses propres manques, et aux traumatismes subis.
Au coeur de l’enfant Michael, l’artiste était déjà un vieil homme sage, dont la technique musicale était parfaite, et les pas de danse tels des notes aux accords parfaits quelque soit la gamme jouée. Son épanouissement ne pouvait que passer par un rayonnement international, tant la verticalité du projet était déjà atteinte, si jeune.
Dans l’homme, l’enfant était déjà mort puisque l’on exigeait de lui un travail de forçat que l’on n’aurait même pas réclamé à un adulte consentant.
Dans l’homme et l’enfant, le génie est éternel, et le rêve universel, gravé, et pouvant être écouté, renouvelé à l’infini. Michael Jackson appartient à l’espèce rare des poètes maudits, aimés et pleurés à tout jamais. »
ASFKT
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