16.06.2009
"Blonde en vie"
« Je n’ai pas cette vie-ci en odeur de sainteté
Je n’ai pas appris à l’aimer comme elle le voulait
Soumise, docile, perturbée par ces courants au contraire
De ma volonté, de mon amour, de mes joies
Se sont transformées en solutions amères
Je ne suis pas montée au ciel en quatrième vitesse
La crainte de m’y ennuyer ferme m’a retenue parmi les morts
Des bétons armés, et autres grisailles des villes où j’habite en traîtresse
De mes passions, de ma nature première hostile aux habitudes
De l’amour contraint qui accumule tous ses torts
Sans rendre les cœurs amoureux libres et fous
Je me voulais des bruyères attachées autour des chevilles
Des cheveux emmêlés jamais coiffés sur les têtes de premiers de la classe
Je me vis enchaînée rompue aux vertiges insensés des corps qui s’enlacent
Fuyant les âmes assoiffées de cette vie qui anime les yeux des amoureuses
Grandes et folles, perdues et damnées, celles des siècles derniers
Qui marchèrent dans les pas de ces inconnus qu’elles croyaient connaître
Et perdirent jusqu’à la prunelle de ce cœur qu’elle tenait en bandoulière
Je me vis vivante, parmi les cruautés ordinaires
Je me vis, disparue, pour mieux épouser l’obscurité
Des lettres, des mots, des penseurs, des mal-aimées
Qui aiment pour toujours des nigauds innocents
Alliant leur soleil aux vents désertiques
De ces unions composites
Où l’or épouse la grève… »
ASFKT
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