05.03.2009

"L'amour du pauvre garçon"

Que l’amour peut il bien être lorsqu’il provient d’une source faible, j'ai nommé, pour plus de clarté: le pauvre garçon ? un pauvre garçon n’est pas un garçon pauvre, et le fait qu’il soit désargenté ou pas, opulent ou sur la paille, riche comme Crésus, ou fauché comme les blés qu’il ne ramassera jamais, n’a aucune espèce d’importance pour la femme attendrie par "le pauvre garçon".

Le pauvre garçon, pauvret, ou encore imbécile malheureux, n’est pas seulement un être attendrissant pour celles qui veulent racheter à tout prix la condition de celui qui se satisfait crânement non pas de son ignorance, mais de sa persistance à croire qu’il sait, qu’il est sur la bonne voie, et que même s’il dit qu’il va changer, il s’avère que rien ne peut transformer sa nature. Précisons : sa nature d’être crâne, superstitieuse, ridiculement prétentieuse, et qui ne peut que perdurer en l’état.

Le pauvre garçon a subséquemment un destin plus triste que celui des plus grands criminels : il sabote sa vie parce qu’il ne sait pas la vivre, et vous qui pensiez qu’avec votre pieuse vertu et toutes vos bonnes qualités, il ne vous tondrait pas la laine sur le dos, vous voila fort marrie… son destin est morne, voué à l’échec et sans aucune possibilité, sauf miracle, de rémission. Donc pas de possibilité du tout, finalement.

Pourquoi ces lendemains sans fête pour le pauvre type?

Parce qu'il s’agit là d’un encéphalogramme plat et même si vous vous révoltez, essayez de tout faire changer, vous voilà dans de beaux draps… l’autre a autant de chance de faire preuve de courage et d’honneur qu’une tique en a de ne pas se laisser tomber sur le premier passant à chair fraîche et odorante venu…

 

Vous voulez aimer quoiqu’il arrive, vous sacrifier et sublimer l’amour jusqu’à son zénith ? Alors renoncez sur le champ à tomber sur quelqu’un de normalement constitué, car vous vous préparez gentiment à transcender l’humaine condition avec le prototype du type à qui tout manque, et qui va donc tout vous demander, y compris d’accepter l’inacceptable, ce que vous ferez à force d’excuses, de promesses dont vous savez qu’elles ne seront jamais tenues, de déceptions, et finalement d’usure du temps, et de désamour, surtout de soi.

En effet, vivre une relation amoureuse avec un genre pareil vous rend myope, bientôt aveugle, sourde, et à la fin, insensible : non seulement vous ne sentirez plus vos douleurs infligées par cet être précieux et égoïste qui a pris soin de prendre place sur le piédestal que vous lui époussetez tous les jours où il ne fait que vous mentir, bassement et sagement et sans rechigner s’il vous plaît, mais aussi vous avez laisser passer de belles occasions de vous livrer entièrement à un autre, aimable, attentionné, gentil, intelligent et cultivé.

D'ailleurs, même avec un signal lumineux sur  le front, vous ne le voyez pas et vous n’en voulez même pas. Vous, vous voulez le mauvais, celui qui part de zéro; il y a toute la plomberie du cerveau à refaire, vous voulez l’aider, lui montrer que la vie est pleine de belles choses à apprendre, et cet amour là que vous lui offrez, plus il se comporte en triste individu, plus vous l’aimez, parce que vous ne voulez pas vous avouer que ce cas là est pathologique, qu’un homme abreuvé au mauvais tuteur ne peut pas être bon, jamais, parce qu’il ne peut être que ce qu’il est.

Alors ? alors au bout d’un moment, vous obéissez à cette lente destruction de vous-même, et à ce lent avilissement et vous acceptez d’être mal-aimée, et en plus de ne rien dire, de tenir dans la relation comme un fier petit soldat qui va se faire massacrer.

De temps en temps, vous tentez de sursauter encore, de trouver des marques d’amour bienveillant et bien distribué dans ce que l’autre vous donne parfois, et qu'il vous rappelle régulièrement comme s'il s'agissait là d'un pont d'or qu'il vous avez fait...de lui, dans l’amour, il ne donne que le mirage, donne le change, illusionne, paraît, agit par mimétisme, puis un jour vous surprenez au cœur même de l’acte d’amour que vous êtes en train de perpétuer avec lui, un regard étrangement vide, éteint, sans sentiments, froid et sans amour aucun dans ces yeux là à côté des vôtres qui jusqu'alors étaient au paradis.

Le pire est qu’à cet instant là, alors que vous devriez faire deux choses:  vous jeter hors du lit et le jeter lui, hors de vous, et fin de la scène sensuelle, vous croyez que vous avez mal vu. Il est impossible de surprendre un tel regard, complètement vide! Pas à un moment pareil!

Mais si. Ca n’est pas possible. C’est devenu réel. Il n’y a pas d’amour chez cet être là avec qui vous êtes, et on se demande même ce que vous faites encore là, ca vous fait froid dans le dos…

Et un jour, une fois que le voile d’illusions est tombé, vous partez. Et renoncez. Ce qui veut dire pour vous accepter. Que l’autre n’est pas fait pour vous, et que vous n’êtes absolument pas faite pour lui, enfin vous prenez conscience de votre valeur, il serait peut être temps ! Et de vous demander pourquoi vous l’avez laissé tant de fois revenir, et tant de fois écouter ses minables petites histoires.

Vous vous demandez et savez désormais la réponse qui est pour vous depuis un certain temps la confirmation d’un doute: l’amour est autre chose que la réduction en esclavage, c’est même son contraire, et pour vivre maintenant l’amour, le vrai, celui qui vous respecte, vous vous demandez, pleine de douleurs, de bleus de cette relation passée ce qui a bien pu vous passer par la tête et le corps… »

 

asfkt

 

 

 

Trackbacks

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Commentaires

Coucou toi j'aime beaucoup ton style... Et malheureusement j'ai déjà vécu ce genre de scène d'horreur
Je t'embrasse et courage pour tes amours

ALARC

Ecrit par : Samael Eieeh | 06.03.2009

Bonjour ALARC

je ne savais pas que tu venais jusque là, mais ca me fait très plaisir sam que tu lises aussi ici ce que j'écris.
Oui... je reste figée... dans ce que j'ai vu.
Je sais aussi ce que tu dis, et je comprends

des bisous

anne sophie

Ecrit par : anna | 06.03.2009

mais est-ce limite au relations amoureuses? n'y a t'il pas la un schema (le sacrifice pour faire bref) qui s'exprime aussi ds les relations humaines, et meme au dela?
le debut du texte part du narrateur, d'un constat sur celui ci, pour arriver finalement au protagoniste. mais ce n'est pas lui (le protagoniste) qui va se contruire a la place du narrateur.
on ne peut pas lutter contre sa nature profondre, mais on peut par contre tenter d'en tirer partie. n'est ce pas l'une des fonctions de l'ecriture? partager genereusement ton talent.

Ecrit par : yoshitsune | 10.03.2009

Non le syndrome sacrificiel et son cortège de symptômes ne s'arrête pas à la relation amoureuse: il y a le travail, l'amitié, le don lui même qui n'en est plus un dès lors qu'il devient sacrifice.

yoshi ton analyse est intéressante mais j'ai besoinde précisions: que veux tu dire exactement par:


" mais ce n'est pas lui (le protagoniste) qui va se contruire a la place du narrateur."


explique moi.
Oui, on ne peut pas lutter contre sa nature profonde, et je crois qu'à l'autre non plus, on ne peut lui demander de changer sa nature. Il est comme il est et nous nous sommes comme nous sommes.
Constat triste blessé, et terriblement dur à accepter.
je t'embrasse
je vais pleurer dans ma sdb

Ecrit par : karenine | 10.03.2009

je prefere eviter de rentrer dans des considerations trop personnel sur un blog je te reponds par mail (je suis une peu occupe en ce moment, mais j'essais de repondre aussi que je peux)

Ecrit par : yoshitsune | 11.03.2009

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