18.09.2008

"La régence d'Yvette"

"Le prénom de la femme en question indique qu'il ne pourrait s'agir de l'état de son gouvernement entre 1810 et 1840. N'ayant à cette époque fréquenté en aucune manière le Prince de Galles, ne s'étant rendue à aucune de ses invitation réitérées, on pourrait croire qu'Yvette tenait là un gouvernement parallèle. Mais non. Elle ne vint jamais pour cette raison précise: comme l'indiquait à de nombreuses reprises le carton d'invitation retourné dans les plus brefs délais aux valets de Georges, Yvette n'était tout simplement "pas encore née à l'adresse indiquée". Le prince ne comprit cela qu'à la fin de sa vie: ayant tout le temps rêvé d'une Yvette anachronique à chérir, parce que ce prénom de dans un siècle lui frisait les moustaches et le reste, il était, en plus d'être avant-gardiste, absolument inadapté, car analphabète, puisque ne comprenant pas ni ne lisant le Français. Que l'anglais fût sa langue maternelle ne change rien, et ceux qui vantent son haut niveau de pratique des langues ne racontent que des légendes. Et pourtant, je n'ai rien contre les Anglais, c'est juste que ce matin, la médicamentation anglophone que j'ai prise secoue de spasmes mes intestins, et ce qui s'ensuit.

En tous les cas il fallut attendre un beau matin de 1942 pour que la jouvencelle naisse. Les cinquante cinq premières années, rien ne se passa: une famille nombreuse, un mariage, le sien, avec un homme qui lui passa tout, y compris les plats, les courses et il pouvait très bien retourner au supermarché situé à quinze km de son domicile, la bas aux Essarts, finalement très loin de l'Albion d'Yvette, à pieds en plus, pour un pack de yaourts veloutés oublié dans la précipitation des rayons chargés de l'Ile Lacroix.

L'époux, Manu, devint riche d'un moulin, d'un manoir, et d'une très grande maison dont il hérita à la mort de son père, sa mère et son grand oncle. Yvette en fut ravie car cela expliqua du jour au lendemain sa guérison: ayant été dépressive toute sa vie, elle se rendit compte qu'elle broyait du noir à cause de la présence pesante de son beau père. Vingt ans après son mariage, elle allait enfin vivre. Et peut être d'un autre côté cela marquait il la fin de son règne dictotorial sur son époux qui la servait au doigt, à l'oeil, et au lit.

Quà cela ne tienne, elle commença à fréquenter la voisine et pour passer au travers de la corvée de courses, prétendit partir tous les après midi en forêt pour huit km de randonnée boisée avec ladite voisine.

Manu, pour les connaissances du couple, n'en revint pas, et Yvette fut contrainte de tenir promesse: pour marquer le coup, il fallait qu'elle démontre que cela fût vrai. Fini les attentes, masquée par le rideau de velours dans la cave, les baskets aux pieds, le bermuda rentrant dans la railette, assise sur les cageots de pomme empilés, à attendre que son divin serviteur aille les faire, ces courses maudites.
Manu descendait maintenant à la cave, peut être pour vérifier que sa femme était bien partie. En fait, il oubliait très souvent d'aller faire les emplettes, et passait désormais son temps à regarder des films lesbiens à la télévision satellisée, traumatisme laissé par l'emprise de sa femme en son cerveau agité.
IL ne fallait pas qu'Yvette découvre le pot aux roses: cela aurait pu exciter sa verve érotique et le reste, à savoir son corps, ce qui aurait bien ennuyé Manu qui n'était plus fait pour ses choses là. A son âge.

Or, ce jour là, il descendit pour s'assurer que son épouse était bien hors de la maison, et c'est toute essouflée que ladite Yvette, après une remarquable pourdre d'escampette, se retrouva, sonnant et trébuchant, chez la voisine, qui se trouve être aussi par le hasard de l'histoire, ma génitrice.

Dun tourbillon de vestes de laine épaisse en cet hiver 2004, elle ne fit pas de quartier et entraîna ma mère dans des randonnées quotidiennes au travers de presque toutes les forêts normandes. A partir de là, c'était de longues heures d'absence familiale à notre maison, mais nous nous réjouissions, car au retour, nous saisissions toute l'ampleur dramatique de l'histoire personnelle d'Yvette, bien que ma mère ne "voulût pas causer de torts à qui que ce soit", et ne soit extrêmement discrète quant aux aphorismes yvettiens. Il fallait écouter le détour des phrases, et surtout ne pas faire d'investigations spontanées auprès de ma mère, laquelle se tenait au secret, par principe, pour toutes les choses du voisinage qu'on venait lui conter car on savait bien qu'elle serait une tombe du XIV ème siècle helvétique, ce dernier étant le plus solidement charpenté en matière de dernière demeure.

Toutefois, il arriva un jour que ma mère rentra en souriant. Et ne put s'empêcher de me regarder longuement, avant de me demander si le mot "mammogramie" me disait quelque chose.

Je demandais s'il s'agissait là, peut être, d'un nouveau genre de biscuit, de la marque Granny, dédié aux jeunes filles très en forme au niveau du balcon. Mais non. Il s'agissait bien d'un solécisme. Pas n'importe lequel. Celui d'une femme environ très âgée, Yvette, qui ne s'exprimait, je l'appris plus tard, qu'en déformant pratiquement tous les mots.

J'appris ainsi qu'Yvette devait passer cette "mammogrammie", et que le midi même, elle en était tellement angoissée qu'elle n'avait pu avaler "son petit zette de citron".

Je demandais à ma mère quelle technique elle utilisait pour ne pas rire au nez et à la barbe naissante d'Yvette, celle ci ayant en plus des problèmes thyroidiens, qui lui faisait pousser le poil. Ma mère me dit:

"Je n'ai aucune technique. Une fois, je l'ai reprise. Gentiment. Elle m'a répondu:" Moi j'ai toujours dit comme ça, je dis comme ça, et je dirai toujours comme ça!!!" N'étant plus royaliste que le roi, j'écoute et je reste silencieuse, en corrigeant à grands pas, dans ma tête échauffée par tous ces barbarismes, les mots d'Yvette".

J'ai alors entrepris des recherches. Uniquement pour tenter de m'expliquer la déviance langagière de cette femme. Après de longues études poussiéreuses au coeur de son arbre généalogique, je peux dire que de très lointains descendants vikings et leurs laisons sulfureuses avec les anglophones, femmes ou hommes mêlés, démontre, à n'en point douter, qu'il y a là des certitudes: Yvette parle mal le Français, car en sa langue transmise, l'anglais s'est glissé, résurgence répétée d'amourettes plus que troubles tout au long des deux siècles. Yvette en est la preuve encore vivante.

Cette découverte n'a pas interrompu le flot de paroles inénarrable de ladite Yvette. Qui explique qu'il est absolument anormal, pour une femme (ironie du sort et aveuglement personnel ou/et manque de recul) de "vouloir tout régencer", et que de plus son époux qui ne veut pas tout "régencer lui au moins", "fait sa "moëlleuse" quand une jeune femme vient pour lui tirer les vers du nez qu'il a long avec les années passant, afin d'écrire un livre sur la famille. Et ça énerve Yvette.

Car enfin, de son propre aveu à ma mère, il faut que "cette race disparaisse". A la suprise de ma mère, elle n'a pas répondu. Elle a juste dit: "oh oui!!! les A. (patronyme de son époux) sont une race "déviance", parce qu'ils savent pas faire ailleurs qu'embêter les gens gentilles".

Ah oui. On les comprend."


ASFKT

16.09.2008

"Michaël Myers ou le psychokiller au pas inéluctablement lent"

"Mike Myers est un type sûr de lui. Pour tuer, il ne court jamais. Inutile de galoper, comme tous ses jeunes confrères sanglants et avides de chair frâiche et rosée, de celle que l'on trouve uniquement sur la fille pré pubère, vierge, et au minois ponctué de jolies tâches de rousseur. C'est absolument rhédibitoire de s'affaier en tous sens alors qu'il suffit de tuer à point. Et d'ailleurs quand Michaël voit son jeune collègue arracheur d'yeux-par-trop-vertueux dans "See no Evil",  monter les escaliers quatre à quatre dès qu'il entend la cloche de la chambre 87 retentir, dénonçant ainsi le rythme éminemment érotique de l'enlacement de deux jeunes adultes consentants, il rit. Derrière son masque, parce que celui ci le lui permet: il a pris une taille XXL pour que sa mâchoire prognathe puisse s'agiter et éclairer son visage que l'on suppose simiesque.

Il se souvient: dans Halloween II, il marche dans le dédale de couloirs de l'hopital général où s'est réfugiée Jamie Lee, sa très jolie demi soeur, afin d'échapper à ses coups de couteau irréfutablement et drôlement bien aiguisés, pour le coup! Il se rappelle...tête penchée un quart vers la fenêtre de sa cellule dont il s'échappera quand tout le monde sera mort s'il ne brise pas, avant, la nuque de Jerry, son geôlier au demeurant fort sympathique (mais un psychokiller vit dans l'instant présent, et n'éprouve aucune empathie, pour qui que ce soit comme on le sait), car oui, Michaël (prononcer à l'américaine: MAÏÏÏKHÔÖÖÖL), est immortel.

Il a tout son temps, celui que vous perdez à tenter de lui échapper!
Il se souvient encore: en cherchant Jamie Lee, pliée-cachée dans le remonte plats mécanique, étouffant des sanglots de terreur, il tombe sur une infirmière, toute jolie elle aussi, serrée au plus près dans son uniforme blanc juste au dessus du genou, ses sabots blancs résonnant presque élégamment sur le sol carrelé de l'hopital.

Michaël se revoit: derrière elle, marchant lentement, et elle, presque courant déjà... mais inutile Sherry!!!!! Tu as beau courir, faire de l'endurance, ou même t'entraîner pour le 200 mètres haies et faire un bon timing à l'entraînement.
A fortiori... tu ne m'échapperas pas.

Effectivement. L'infirmière se retrouve très vite, ses sabots blancs gigotant vainement dans le vide, 1 mètre au dessus du sol, parce que Mike la suspend au dessus de tout soupçon, par son coutelas gentimenrt planté dans le dos.

Aucun bruit ne sort de la bouche pulpeuse de l'infirmière empallée.
Trop mal peut être? ... Mike ne sait pas. Il ne ressent rien, encore moins la douleur.

C'est du passé. Hélas. Mais bientôt, il recommencera. Pour quelle raison? il n'en a aucune. C'est ce qui le rend invincible. Incompréhensible, parce qu'imprévisible.

Une mécanique de destruction des masses. Pour le plus grand plaisir du spectateur."

ASFKT

15.09.2008

"Vous serez mignonne..."

Ce matin. Une obligation. La poubelle n'en peut plus de son contenu. Je passe devant. Et fais mine de regarder ailleurs. Par la fenêtre. Blue. Qui est sur son rebord. Et dont les poils argentés s'agitent doucement au gré du vent. Je souris. Je recule. Et je butte sur la tranche. De la poubelle.

Je fais semblant de n'avoir pas compris qu'elle me fait du pied. Et ouvre négligemment le réfrigérateur Old School. Des yaourts immaculés, je le suppose, m'attendent, pêle mêle, à tous les étages, qui de guinguois, qui de côté, qui de trois quarts. Toujours jalousement épris de leur compote. Sans sucres ajoutés pour ne pas effrayer la Dame anorexie en train de s'éloigner doucement.

Ce qui n'est pas le cas de la poubelle. Dont j'entends le choc sourd contre la paroi du réfrigérateur quand j'ouvre ce fameux battant, porte béante sur des délices blancs sans calories.

Peu importe. Avec ou sans, la poubelle est pleine. De trognons de pommes, de peaux de bananes, de petits pots de yaourts ayant subi l'outrage du soulier vengeur qui veut à toute force faire plier ici en quatre pour mieux entasser dans le cube-poubelle.

Du coup. N'ayant plus le choix. Et s'armant d'un foulard en soie pour faire le tour de sa poitrine en passant par la taille et l'essentiel à ne pas montrer à toute la résidence, Anna s'empare du sac, abruptement, voire violemment arraché à son entourage plastique. Dans une parodie de mouvements martiaux, elle coupe le fil rouge qui traîne, cordon ombilical lâchement abandonné au nombril mal situé dans un coin reculé du sac mauve dont elle enserre le cou, et court jusqu'à la porte.

Espérant que personne ne sera dans le couloir. La voir comme ça. Juste vêtue d'un foulard en soie, qui doit faire office de carré contre les frimas de l'hiver. Et pour cacher la nudité d'un corps matinal. Aussi.

Entrouvrant la porte tout de même. A gauche à droite à gauche... non. Personne. Rien. Pas de bruit annonciateur d'une éventuelle sortie bruissant derrière la porte de l'appartement en face.

Sortant alors. Jouant même avec le foulard, d'une main qui imite la tenue d'une traine. Mais là dans l'obscurité. Il y a des valises. Une porte qui baille. Une voix. Et un pied dans l'embrasure. Une femme qui sort. La voisine!

Trop tard pour faire demi tour. Trop tard pour le vide ordures. De toute façon, le sac trop gros.

-Bonjour Madame.

Et allant très vite jusqu'à l'ascenseur qui grésille. Une chance que quelqu'un en ait bloqué l'ouverture. A temps pour s'engouffrer dedans. Sans réfléchir. Et penser que s'il crie bouche ouverte, c'est que la dame l'a bloqué pour y faire entrer toutes ses valises. Une par une. Bien sûr.

La dame regarde Anna. Anna regarde au dessus de la tête aux cheveux blancs. Imagine ce que la permanente est en train de regarder, là. D'une main maladroite tente de s'assurer que tout est bien caché.
La dame ouvre la bouche. C'est dans le champ de vision d'Anna et dans son pressentiment. En plein dans le mille de son sixième sens.

-Vous êtes bronzée, dites donc!!!! vous revenez d'où comme ça? Roger?!? Viens voir comme la petite du 13 est bronzée. Alala dis donc, c'est pas avec ma vieille peau que je pourrais me trimballer comme ça moi.

Les pantoufles s'agitent car Anna, tête baissée, ne voient plujs qu'elles et le sac poubelle protégeant ses parties réservées à l'intimité de l'amour cachées au regard du Roger qui accourt. Evidemment.

-Vous voulez prendre l'ascenceur par exemple non? hein? c'est ça?

-Oui. Monsieur. Exactement.

-Micheline. Laisse passer la jeune fille.

Anna. En son for intérieur: "Roger, espèce de niais, je ne suis pas en fleur, je n'ai pas dix huit ans, ote les sales pattes de ton regard de mon petit corps".

-Oui Roger? Bien sûr! allez y passez mademoiselle!

Anna très vite. Passe. Se bouche les oreilles pour ne pas entendre une parole de plus des sexagénaires. L'un comme l'autre.

-Ah... Et puis, vous serez migonne. Une fois en bas, vous nous renovyez l'ascenseur!!??

-Oui Madame.

Arrivée en bas, Anna enrage. "Vous serez mignonne". "Elle m'a dit cette phrase comme si j'étais une toute petite fille, naive et innocente. Et le pire c'est que j'ai dit: Oui Madame."

Sortant de l'asenceur alors. Hésitante. Trébuchant dans ses sandales usées par l'Eté qui finit. Le doigt près du bouton.

Puis main contre la poitrine et sac par terre.

Et se disant. Non. Quand femme parler ainsi à toi, ascenseur impossible à  renvoyer. Quatre étages à descendre. Tant pis. Je ne suis pas mignonne."

 

ASFKT

12.09.2008

"Des babouches pour toi mon amour?"

"Un soir. On reçoit un appel. De l'homme qu'on aime. Fort. Voyez. Pas l'amourette de passage. Pas la petite aventure, sauf si on considère qu'une histoire de 36 mois porte à croire qu'il ne s'agit là que d'une aventure d'un soir qui se serait étalée, comme de la confiture à la fraise sur une tartine de mie sans pain, oui, de mie uniquement, onctueuse. Non cette histoire entre mon amour et moi même, ici présente et écrivant, est une histoire de tous mes soirs, toutes mes nuits, tous mes matins ensommeillés, depuis trois ans. Ponctuée certes d'orages en interne, de crises, et de deux grosses ruptures. Mais j'aime. Je suis une femme qui aime. Pas les disputes. Pas les séparations. Je déteste. Je suis une femme qui aime. Un homme. Et qui l'aime assez pour tout comprendre ou tout au moins essayer. Je n'aime pas facilement comme on tombe sur une robe du soir qu'on voudrait s'acheter mais dont on n'a pas les moyens. Je n'adore pas comme ça! J'aime, vous dis je. Ca prend du temps, mais je suis très amoureuse de mon ami.

Autant dire que j'aime cet homme là et pas un autre. Parce que c'est lui. Parce que c'est moi. Parce que ça ne peut pas être autrement.

Et pourtant, il arrive un soir comme ce soir, où je rentre des courses, où j'ai mal aux chaussures et où un coup de fil retentit. C'est mon ami qui m'appelle depuis la bas, vous savez, le lointain. C'est le sud, ca pourrait être l'est, le nord, à tout le moins que ce soit à trois mille kilomètres de moi. Ca peut être n'importe lequel de ces points cardinaux, moi, tout ce que je sais est ce que mon coeur me murmure: c'est loin. Et c'est tout.

Ce faisant, ça ne fait rien, car une confiance mutuelle règne. Mais ce soir le téléphone sonne. Et c'est mon amour. Et je lui dis: oui mon ange. Je ne mettrais pas ici de guillemets, car de même que les mots s'enchaînent comme une suite de vocables destinés à s'aimer, de même notre amour coule de source et ourle chacun de mes mots ci dessus. Oui mon ange. C'est toi.
Et alors? et alors l'amour en question est au milieu du désert, oui j'entends les cahots du 4/4. Oui oui j'entends bien. Mais est il bien normal qu'à un tu me manques... de ma part, j'entende ceci, lisez bien, de la part de mon amour, en guise de réponse:

-tu veux des babouches?

...

Non, je demande. Je ne sais pas. Bon. C'est vrai, il fait chaud, les gens doublent à droite et à gauche, tout marche au back chiche, même ma soeur serait incapable de conduire la bas, comment dois je le prendre je ne sais pas, mais en tout cas, moi je me connais, je le prends mal, et aussi est ce que j'aime les tuniques du pays?

ah.

Je ne sais pas.

Et d'un coup monte une colère qui fait eruption au coeur de ma soirée comme l'Etna un jour de pluie.


Mais pourquoi me dit il ça? mais quel rapport cela a t il à voir avec le fait que je lui dise qu'il me manque? mais qu'est ce donc qu'il me dit? mais qu'est ce que la capacité de ma soeur à conduire la bas a à voir avec nous?

et on finit par s'entendre dire dans sa tête, à l'homme qu'on aime pourtant et qu'on continue d'aimer mais qui nous a plombé la soirée: "ET TA SOEUR!!!!!"

mais on ne le dit pas, évidemment.

ET on dit oui bisous. oui je t'aime. oui on en oublie les majuscules. oui.
mais on se dit après avoir rabattu le clapet de son téléphone, lui aussi:

comment se fait il parfois que l'homme qu'on aime fasse preuve d'un manque de tact aussi évident?
comment se fait il que les 3000 kms le rendent à sa condition la plus primaire qui soit?
comment se fait il que d'un coup, on ait envie de lui renverser une casserole de flotte sur sa jolie tête?
et comment se fait il que l'on ait envie de se coucher et qu'on est triste comme ça?

au moins, on est sure de l'aimer, cet homme là.

Mais on aurait peut être dû l'interrompre, faucher à coups de serpe ses paroles et lui dire: ho! Gaston: qu'est ce que tu me fais là? avec tes babouches?

oui peut être que cela aurait il évité à l'auteur d'être triste".
ASFKT

Toutes les notes