06.01.2012

Jean Claude Mas, un Diogène contemporain?

"JCM est devenu un homme très médiatique. Ses prothèses PIP, tandis qu'elles précipitaient ses patientes héliumisées au sein d'infernaux tourments, pressées qu'elles étaient par la Santé de s'allonger afin de se faire ôter fissa les ballons défectueux de leur poitrail, ont en même temps permis de faire de leur pourvoyeur un philosophe qui s'ignore.

Mais sans la philosophie. C'est là que le bât blesse. On taxe le bonhomme édenté, sinon aux quelques chicots noircis par le Costa Rica, de cynique. En effet, l'odieux charcutier ternit la profession, jusqu'au bout des ongles découpant la prothèse, en clamant que c'est bien fait, que de toute façon, il a utilisé du "gel non homologué sciemment", et que toutes ces femmes ne portent plainte "que pour le fric".

 

Voilà les propos du bonhomme sale, repoussant et cruel. A lui seul, il pourrait donc tourner dans un remake plus vrai que nature du film pour enfants "Moi, moche et méchant", ou encore, pour les plus vieux d'entre nous, "Affreux, sales et méchants", tout en ne mentionnant jamais les beaux noms d'Ettore Scola et Nino Manfredi.

 

 

On se dit, pour ne pas sombrer dans le lynchage rapide et sans traces (des pierres, des prothèses pip dont l'on gaverait ledit Mas, comme une bête oie, une corde...), que MAS est honoré par la presse puisque celle ci le qualifie de "cynique". De quoi redorer le blason de l'odieux Père la Prothèse puisque le cynisme est, à l'origine, une philosophie, portée à son summum par Diogène qui se masturbait en pleine rue et jetait des cailloux aux gens, depuis son tonneau.

 

On pourrait même, ahuris par les média, naivement pousser l'analyse jusqu'à l'absence de profit voulue par JCM puisque celui-ci crie qu'il n'a pas fait ça pour rentabiliser son entreprise, mais simplement donc pour le plaisir d'utiliser du gel non homologué aux yeux d'une justice décidément aveuglée depuis 2008, époque de ses premiers crimes, pour lesquels on ne lui fit pas grand chose. Une femme portait plainte? Elle était malade? La justice n'interdisait pas pour autant à l'ancien charcutier de continuer son négoce, avec des chirurgiens qui eux aussi savaient, mais bon... c'est le commerce de la chirurge esthétique devaient ils se dire...

 

JCM serait donc un Diogène contemporain? Un homme philosophe, reflet de la société hyper consumériste de notre temps? Un petit gars qui est allé trop loin pour ce que beaucoup de vils et misérables types font tout bas, et à plus petite échelle... à savoir viole les lois, tue des gens, et son seul défaut est d'être pris?

 

Espérons que non, et gageons que ce cynisme qui ne concerne pas que lui, est juste une appellation mal appropriée. Au lieu de cynisme, il faut donc comprendre, à chaque fois qu'on entend parler de JCM à la TV: perversité meurtrière.

 

ASFKT

 

17:04 Publié dans billets d'humeur | Commentaires (0)

14.04.2011

"Feux"

A K.Hamsun

 

Fuyez

Prenez cette main

Je vous aimerai

Encore

 

Seule

Emportez ma douleur

Sachez

Ce rituel que perpétuent les délaissés

 

Leur coeur exposé aux regards

Du désamour

Tentant de ranimer un feu éteint

A quelques pas de votre porte

 

Dans ce corridor pâle

J'attendrai

Dépourvu de cette beauté animale

Qui vous ravissait

 

Avant que vous ne m'ôtiez tout éclat

Avant que vous ne me refusiez tout désir

 

Nous serons discordants

Je n'aurai que mes larmes

Nous serons dos à dos

Je n'aurai que ces mots invalides

 

Et ma contenance d'homme blessé

Mes habits de circonstance

Afin d'assister à la veillée funèbre

De nos amours achevées

 

Abdiquant

Toute dignité

Pour Vous"

 

K.TOM

12:49 Publié dans Poèmes | Commentaires (0)

10.03.2011

Réouverture du salon de lecture

La réouverture de ce blog correspond à une demande de la part de certains lecteurs, mais aussi à un souhait de la part de l'auteure. Les écrits ne peuvent rester trop longtemps dans de de virtuels placards sans risquer la peine de mort ultime pour un roman, une nouvelle, un poème, un billet d'humeur... tout ce qui est composé de mots dépérit s'il tombe dans l'oubli.

 

Faire vivre ce portail d'écriture est donc renouvellement, continuation et première partie d'un plan de travail et d'artisanat que j'espère long, fructueux et serein.

 

Le blog s'est choisi un autre nom, plus transparent, puisque l'auteure est désormais référencée en tant qu'auteure.

 

Karénine Tom (anne sophie fuertès)

27.07.2010

"Basses en réaction"

"Rompre le flux incessant des règles qui balisent

Chaque instant de la vie

Cette vie

Cette existence qui elle

N'attend pas pour s'écouler.

Et moi qui pensait que demain serait un jour nouveau

Un nouveau né, et qu'enfin je ferais payer au monde ce qu'il m'a imposé:

Cette existence ci.

 

Je suis

Les bras ballants

La tête prise par les pensées fugaces et coupables de ne rien en faire.

J'écoute ces basses musiciennes arrachant

Le classicisme de l'écriture

Je n'ose pas dire toute cette violence qui avale mon énergie

Pour enfin créer,

Offrir l'envers de son corps

Mettre à nu mon estomac et les vôtres

Pour y chercher ce que la musique y a déposé depuis que je suis ici"

 

asfkt

19:33 Publié dans Ecrire | Commentaires (1)

15.07.2010

Petit poème amoureux

"Le soir s'allonge,
Les lumières s'effacent
Et les longs cheveux de cette nuit libèrent de multiples nattes
Sombres, fantasques et lénifiantes,
Elles enlacent le seul
En qui elles croient encore
Quand le soleil
Rend les armes,
Le seul qu'elles souhaiteraient tenir au creux de leurs soies
Le seul qui les regardent vraiment
Le seul à qui elles doivent
De nouveau
Le sourire, l'espoir, l'amour, la joie
La vie, le rire, l'insouciance, les baisers,
La parole
Qui circule et réconcilie
Deux âmes
Deux corps
Deux voix".
asfkt

10:37 Publié dans Poèmes | Commentaires (14)

"Travaux en terrasse"

« Cette terrasse commence à me faire singulièrement chier. Rien ne va. Je m’enlise. Ouais, c’est ça, je m’enfonce. J’ai les bottes dans la boue de la terrasse qui n’existe même pas. A la limite, chez moi, c’est le Moyen Age… J’ai peut être un livre là-dessus… Je me vois bien copier les méthodes de façonnage de ce temps là. Avec du foin, de la boue… ça, j’en ai ça va… C’est le foin… Où est ce que je vais trouver ça ? Ah oui… chez Animalice… mais qu’est ce que je vais acheter du foin chez ces gens là ? Alors que j’ai pas de bête. J’imagine le truc :

 

- Bonjour. Mettez-moi dix huit bottes de foin.

- C’est pour des rongeurs ? Combien ?

- Non. C’est pour une terrasse. Elle est seule.

 

« Ils vont me prendre pour un dingue. Et d’ailleurs, est ce que c’est bien du foin ? Je veux dire, les serfs moyenâgeux, c’est bien ce truc là qu’ils prenaient pour faire leur maison ? C’est pas ça qu’ils utilisaient pour faire les toits, les murs ? Pfffff… j’y connais rien en Moyen Age…»

 

Comme découragé, il s’assoit sur le bord d’un petit talus bordant l’entourage fragile de la terrasse, sorte de cadre en bois, dont on ne sait pas bien l’utilité, si ce n’est pour se reposer juste à ce moment là. Il regarde sa montre. Un peu de terre macule le cadran. D’un air résigné, il rentre deux doigts à l’intérieur de la manche droite de sa polaire. Puis, dans un soupir, il avance le tissu jusqu’au verre de la montre et efface méticuleusement les traces de boue séchée. De nouveau, il regarde sa montre et fronce les sourcils.

 

« Et l'autre con qui vient toujours pas ! Ça fait six semaines que ça dure, le truc. Et ça fait deux heures qu'il pleut et que je suis dessous. Et je continue quand même. Est ce que quelqu'un peut me dire ce que je fous là? Alors qu'il est 13h15 et que j'ai autre chose à foutre, comme d'aller jouer au foot, même seul ! Mais merde! Tout vaut mieux que cette putain de terrasse... Est ce qu'un homme de bon sens, même le plus merdeux d'entre tous les merdeux... Pfffff… J’veux dire Seigneur!!! Est ce que c'est humain de faire faire une terrasse un 14 juillet à un homme, même le plus con d'entre nous tous? »

 

D’une manière désabusée, il secoue lentement la tête et reprend :

 

« Sans déconner... »

 

Tout à coup, il aperçoit un jeune qui joue au foot sur le trottoir bordant sa maison. Le jeune dribble, s’amuse, laisse aller la balle, puis court, la rattrape et reprend son manège. Il semble s’amuser. En toute impunité. Un profond sentiment d’injustice monte alors en lui.

 

-Hey… HEY! OUAIS TOI LÀ ! OUI, LE JEUNE LÀ... FILE MOI UN COUP DE MAIN !! QUOI NON? BAH UN COUP DE PIED ALORS... PETIT VAURIEN VA... PFFF TU POURRAIS QUAND MÊME AIDER TON PERE NON??

 

Des bribes de réponse lui parviennent, le vent et l’éloignement emportant avec eux le reste de la phrase.

 

-…Pas mon père… foot… le droit… Tes travaux…

- De quoi? Ah... pardon.

 

Il baisse la tête. Ferme les yeux, un peu confus.

 

« Merde, je me suis planté. J'ai confondu un jeune du Temple De La Pédagogie avec mon fils... Putain ca va plus moi. Je passe trop de temps au TDPLP, à tel point que je sais même plus qui est qui, et que je prends les jeunes pour mes propres enfants. Bordel,  bientôt, je vais les inviter chez moi à prendre le 4 h... Ils vont tout me vandaliser, les saligauds! ... Mais qu'est ce que je raconte??? Mais ça va pas moi...Et la flotte qui continue à tomber ! »

 

Brusquement, il se sent entravé, comme pris au piège. Il penche la tête.

 

« Et j'ai les mains dans le ciment là ou quoi? Bah pourquoi j'arrive plus à retirer les doigts là? Bah ... HEY! MES MAINS!!!! Au secours je...! Ah non, c'est mes gants... j'ai pris une taille trop petite. Mais évidemment, c'est pas les miens! Et c'est même pas moi qui les a achetés ces gants-là!... bordel, tu lui demandes de faire les courses, et elle te prend des gants taille 0... Mais c'est pas vrai... mais par qui je suis entouré moi? »

 

Il se lève, se penche à nouveau et crie vers la maison :

 

- HEY! EST CE QU’IL FAUT AUSSI QUE JE FASSE LES COURSES DANS CETTE MAISON OU QUOI???

 

Une réponse, encore étouffée par le vent lui parvient en demi teinte, comme si la réponse venait de la maison à côté :

 

- Pas moi… Voir ton médecin… Ta mémoire… Hebdomadaire…

 

Cette fois-ci, il se laisse tomber sur la dalle.

 

« Hein? C'est moi qui les fait ? Toutes les semaines? Meeerde! Mais qu'est ce que j'ai moi? Je me souviens même plus que c'est moi qui achète à manger et le reste... Je vire dinguo ou quoi? Je suis complètement flippé de la caisse ! Mais y m'arrive quoi? Comment ils disent les jeunes, déjà ? Ah ouais, c’est ça… Je bade trippe… Je suis vraiment fatigué… je m’assois sur une dalle à moitié cassée, il pleut, j’ai l’air d’un con, et le pire, c’est que je reste là avec mes outils et mes bottes. Et mes gants… Et si je cassais tout ? »

 

Brutalement, il s’empare d’un marteau et commence à donner des coups sur la dalle. Des morceaux éclatent avec fracas et des éclats se répandent sur la pelouse.

 

-Ho ho !! Hey ! Tu vas te calmer ! Arrête. C’est bon.

 

Encore cette même voix, qu’il croit reconnaître, mais plus forte. Pourtant, il ne sait pas d’où elle vient. Il pourrait tout quitter, terrasse et marteau et se rendre dans la maison, mais éreinté, il lâche ses outils et se laisse tomber sur la pelouse trempée.

 

« J’ai faim. C’est dingue. Je suis en train de casser le peu de travail qui a été fait, c’est moi qui fout en l’air ma propre dalle. Putain… si j’avais le maçon sous la main, je lui botterais le cul avec ses godasses de chantier. Je suis en train de casser MON travail, et tout ce à quoi je pense, c’est : « j’ai faim ». Normal, il est 14h20. Et personne ne se préoccupe de savoir si je vais pas tomber d’inanition. »

 

Avec colère, et pris d’une certaine frénésie, il se relève, le pantalon trempé et crie en direction de la maison :

 

-J’ai FAIM !!! Est ce que ça vous dérangerait de m’apporter, je sais pas moi… un tant soit peu à manger… même des restes, hein… Je suis pas difficile, vous savez… Surtout que c’est moi qui fait les courses… J’ai peut être droit à quelque chose, vous croyez pas ? Si je comprends bien, c’est sur l’homme que tout repose, c’est ça ? C’est toujours sa faute ? S’il a pas à manger, c’est parce qu’il a pas été assez rapide pour tuer un sanglier qui galopait par hasard dans la rue? …

 

De nouveau, cette même voix, en écho, qui lui répond…

 

-Ton sac !!!! Ce matin… Méfie de nous… T’as voulu…. Tes propres… Au gruyère… Et des yaourts …. Avec des fraises … ET T’AS PRIS SES CEREALES A LA PETITE !!!

 

-…

 

« Mais qu’est ce qu’elle raconte ? Je comprends pas… Ah oui (en ouvrant son sac…)… J’ai volé les céréales Chococrok à ma propre fille. Meeeerde… Mais pourquoi j’ai pris un pot de 500 grammes ? Et toutes les tranches de gruyère pré découpées, format familial ? MAIS POURQUOI J’AI FAIT CA ? MAIS !!!!... (il fouille un peu plus loin dans le fond de son sac). J’AI AUSSI PRIS 24 YAOURTS DANS LA GLACIERE !!! Y EN A POUR TOUT UN REGIMENT !!!... Mais pourquoi j’ai fait ça alors que j’habite là ??... »

 

Il se lève, se frotte le crâne, étire ses bras au dessus de sa tête et joint ses mains derrière sa nuque. Ainsi, le regard tourné vers le ciel, il réfléchit. Reprend son calme.

 

« Ok. Ce doit être une farce de ma famille. Mon frère, il était là hier soir. C’est sûr, ça peut être que lui… Ou alors, ce sont les miens qui me font une blague… Ah ah… C’est drôle. Ouais… Je vais rien dire… Tiens, ça sonne… »

 

Il s’empare de son mobile et lis le message, l’air tout d’un coup effaré.

 

« Et merde. C’est Jean Josiane. Mais qu’est ce qu’elle a encore ? Attends, vlà le message… »

 

« J’ai attendu, tu n’es pas venu, le pain ne sera pas pour toi, car la mie ne te revient pas de droit ».

 

« …Mais qu’est ce que c’est encore que ce message ? Qu’est ce qu’il faut que je comprenne ? MAIS QU’EST CE QUE CA VEUT DIRE ??? MAIS J’AI RIEN FAIT. Et de toute façon, j’aime pas le pain, je m’en fous. « La mie ne te revient pas de droit ». Pfff… Encore un truc à quadruple sens… C’est même pas la peine de chercher le sens… Jean Josiane sait même pas elle même ce qu’elle a voulu dire, je vais te dire…Bon… je vais me remettre à la tâche, moi… Tiens, j’ai plus faim… »

 

A la nuit tombée, il travaille encore et a presque terminé la dalle en son entièreté, aucun incident n’étant venu perturber le rythme de ses efforts. Aucune manifestation étrange, ni d’hallucinations ne se sont produites. Parfois, il a relevé la tête, considéré les lieux en se disant que le temps passait décidément bien vite : toute cette végétation qui s’est développée, ces fleurs qu’il ne se souvient pas avoir plantées et même cet arbre sur le côté, un très bel érable du Japon. La vie est pleine de belles surprises et la nature fait son œuvre.

 

Alors qu’il s’apprête à achever les travaux, il sent une présence dans son dos. Il se retourne. Et distingue une silhouette un peu dégingandée qui se découpe en clair obscur, sur le crépis blanchâtre de la maison.

 

-Monsieur…

 

-QUOI ?... QUE ??? Mais… Vous êtes le jeune qui tout à l’heure jouait au foot dans la rue !!!

 

-Euh ouais… Monsieur…

 

-MAIS QU’EST CE QUE VOUS FAITES CHEZ MOI !!! IL EST TEMPS DE RENTRER LA !!! LE TDLPD ouvre lundi !!! On se verra là bas. Laissez moi tranquille ! ET PUIS JE VOUS AI DEJA DIT QU’ON VOUS REPRENDRAIT PAS EN SECONDE ANNEE !

 

-Je suis plus au TDLPD depuis un an, Monsieur.

 

-Bah vous êtes qui alors ? Et surtout qu’est ce qui vous a donné l’autorisation de pénétrer sur ma propriété ??

 

-Monsieur.

 

-Non mais attends ! Y a pas de monsieur ! C’est chez moi ! Tu sors !

 

-Monsieur, c’est que…

 

-C’est que quoi ? En plus, vous vous permettez de récriminer ? MAIS VOUS…

 

- Je suis chez moi.

 

-QUOI ? COMMENT CA VOUS ETES CHEZ VOUS ? ET MOI JE SUIS OÙ ALORS SI VOUS VOUS ETES CHEZ VOUS ?

 

-Bah vous êtes chez moi.

 

-Ouais c’est ça, et cette terrasse là, elle est peut être aussi à vous ?

 

-Bah oui, Monsieur, elle est à moi. Enfin à mon père. Il est parti en vacances.

 

A ces mots, il s’effondre sur le sol, abasourdi par cette soudaine révélation. D’un bond, le jeune homme s’approche de lui et le regarde.

 

-Mais si je ne suis pas chez moi, et que vous n’êtes pas du TPD… Et qui sont ces gens qui m’ont répondu depuis cette après midi ?

 

-Votre famille, Monsieur, rassurez vous. Ils sont à côté. J’étais avec eux parce qu’hier, dans un accès de rage, vous nous avez dit que vous vouliez être seul chez moi. Enfin, on a cru que c’était de la rage, mais après avoir vérifié, on s’est rendus compte qu’à la place de votre antalgique, vous avez pris le Dolian de Toufou.

 

-Toufou ?

 

-C’est mon chien, Monsieur.

 

-C’est quoi du Dolian ?

 

-C’est un anti dépresseur pour les animaux, monsieur et c’est aussi une sorte d’anxiolytique. Toufou était triste depuis que mon père est parti en congés, alors on a été forcés de le mettre sous Dolian. Ca le rend très affectueux, et il ne veut qu’une chose, c’est rester dans son jardin près de la dalle. Parce que mon père est en train de la refaire. Et Toufou reste auprès de lui toute la journée. D’habitude, il lui apporte ses outils qu’il tient dans la gueule, et lui dépose à ses pieds. Depuis que mon père est plus là, il joue avec les objets… C’est un peu comme si son maître était là, sans être là… il a tout le temps faim aussi... Ca doit être les effets secondaires… Il reste sous la pluie aussi. Dès qu’il pleut, il y va. C’est le Dolian. Ca produit une réaction hyperthermique et le chien a besoin d’humidité. Parfois, aussi, on a l’impression qu’il ne sait plus où il est…

 

-VOUS M’AVEZ LAISSE PRENDRE DU DOLIAN ?

 

-Bah… On s’en est aperçus que ce matin. Vous étiez chez moi à 6 h du matin, et vous vouliez à tout prix être près de la dalle que mon père est en train de refaire. Puis vous avez crié des trucs, comme quoi on vous avait pas fait les bonnes courses ou quoi…

 

-…

 

-Tenez, voilà la notice.

 

-C’est quoi ?

 

-La notice du Dolian. Je vous ai corné le coin « effets secondaires ».

 

Il lui tend une lampe électrique doucement.

 

-« Dolian effets indésirables : hallucinations. Hyperactivité. Faim. Amnésie antérograde et réversible à l’arrêt du traitement…»

 

Il ne parvient pas à lire mais… il lui semble que quelqu’un a rajouté des mots, peut être une phrase en très petits caractères à la fin…

 

-Il y a quelque chose là ? D’ajouté à la main ? Non ?

 

-Ah oui !

 

-C’est important ???

 

-Oui. Je vous laisse. Approchez la lampe de la notice. Surtout lisez bien. Je vous laisse seul parce que cette nouvelle risque de vous… Enfin il vaut mieux que vous lisiez ça tranquillement.

 

-Mais…

 

Le jeune se lève rapidement, court jusqu’au grillage, saute par dessus et lance un bonsoir plutôt joyeux.

 

Après un court moment de réflexion et de sentiment d’étrangeté, il parvient enfin à déchiffrer le reste du message:

« Vous pouvez rester les trois jours où je suis pas là. Il y a aussi la cuisine à refaire. Continuez à prendre vos antalgiques. Avec le Dolian. Merci. Marcel, le voisin ».

 

 

ASFKT

10:35 Publié dans Nouvelles | Commentaires (2)

08.07.2010

"Illégitime"

"En second sur cette liste

De choses et petits plaisirs à acquérir

Avant d'aller par delà les apparences

Prenant le carrosse mortuaire

 

Maître es Lettres, désirs, puissances, violences interdites,

Je suis

Celle qui vient après ce que l'on vit

Auprès de l'amour passé devant la Loi

Celle qui attend et dont la main

Est vide de riz, de perles, et de voeux de bonheur

 

Je suis

Celle qui aime passionnément

A nouveau, au centre d'une fusion défaite

je brûle celui qui me regarde

Chaque jour

 

Je suis

Amoureuse silencieuse

Généreuse par définition

Compréhension indéfinie de ce monde

Où tu me places et

Où je demeure

N'ayant pas d'autre toit,

 

Que la cime de cet arbre devant chez toi

Je reste les yeux ouverts

Sur ta bouche enlacée

Sans jamais pouvoir te quitter

Ni t'aimer au jour".

 

asfkt

21:02 Publié dans Aimer | Commentaires (2)

05.07.2010

"Car le tout me revient"

"De droit, l'Univers

Sa terre, ses racines

Ses morts et ses vivants

Cette ronde enragée qui s'affronte

Et s'aime jusqu'au trépas...

 

De fait, car sans,

Je suis perdue.

Les humains?

Il me les faut.

 

Par-dessus tout

Ceux qui vont à l'assaut les uns des autres

Fossoyeurs de leur propre existence

Crachant sur les tombes qu'ils croient du camp adverse.

J'aime cette animale, irréversible cruauté

 

Quand je sais qu'un seul baiser

D'une âme bien faite peut ravir

Un Léviathan

Rompre sa violence

Evanouie d'amour

Sur les sables autrefois sanglants.

 

Ecrire n'arrête pas les guerres réveillant les amibes

Endormies au fond des eaux stagnantes.

 

Mais les mots enfermés dans mon corps

Alors libérés

Affirment qu'à l'intérieur

Je suis en vie."

 

ASFKT

13:31 Publié dans Aimer | Commentaires (4)